Paints Swirls, Gabriel Morala

Gabriel Morala

De la mythologie grecque aux compositions abstraites et modernes, l’œuvre de Gabriel Morala explore le contraste entre des objets et éléments d’origine et de nature différentes. Sa technique consiste en effet généralement en des simulations physiquement réalistes combinées à des scènes abstraites et esthétiques. L’artiste par à la recherche du réalisme dans l’abstrait.

Gabriel étudie le design graphique puis se forme seul à différents programmes. Inspiré par des artistes de différents horizons, Gabriel Morala crée ainsi des œuvres qui visent à transmettre des sensations amusantes et relaxantes. Pour lui, l’inspiration peut venir de n’importe où, mais principalement des rencontres, qui sont une source infinie d’inspiration.

COMMENT DÉCRIRAIS-TU L’ART NUMÉRIQUE ?

 La différence entre l’art numérique et l’art traditionnel est la démocratisation de la manière de créer. Il est beaucoup plus facile de créer et de consommer de l’art numérique, et cela donne aux gens plus d’opportunités. Mais la grande question est de savoir ce qui mérite le titre d’art numérique : et nous en arrivons à la grande question de savoir ce qu’est l’art. Je crois vraiment que tout le monde peut faire quelque chose et dire que c’est de l’art. Mais cela ne veut pas dire que cet art a de la valeur. Si par exemple vous vous mettiez, ici, à faire un dessin, nous dirons que c’est de l’art; mais il n’aura pas nécessairement de valeur, si il n’a pas ce fond de philosophie, cette idée que l’on veut transmettre et qui fait la valeur de l’art. L’art numérique, en démocratisant l’art, a permis à de nombreuses personnes de faire de l’art. Mais dans l’art, il doit y avoir une idée sous-jacente, un but esthétique. Tout peut être de l’art, mais tout ne peut pas être de l’art de valeur.

Cloth String, Gabriel Morala

QUEL EST TON PARCOURS ?

AS-TU SUIVI UNE FORMATION SPÉCIFIQUE ? 

J’ai toujours été intéressé par l’art depuis mon enfance. Ma mère a étudié l’histoire de l’art, et c’est avec elle que j’ai appris à apprécier l’art. J’ai donc aussi été encouragé à faire de l’art moi-même. J’ai toujours fait de l’art : des dessins, des graffitis… C’est pour cette raison qu’en grandissant, j’ai commencé à étudier le graphisme, et la dernière année, on nous a enseigné la conception 3D. J’ai adoré, je suis devenu fou, j’ai commencé à regarder des millions de tutoriels, j’ai suivi beaucoup de gens qui faisaient ça sur les réseaux sociaux. Petit à petit, j’ai appris plus de choses, et comme j’aimais le faire, et aussi les résultats, et j’ai vu que les gens aimaient aussi beaucoup ce que je faisais, alors j’ai continué. Mais je peux dire que dans cette discipline de la conception 3D, je suis autodidacte.

QU’EST-CE QUI T’A POUSSÉ A FAIRE DE L’ART NUMÉRIQUE ? 

J’ai commencé à générer de l’art numérique parce que j’étudiais le design graphique. Ce qui m’a poussé à m’y consacrer, c’est quand j’ai réalisé que cet outil me permettait de capturer mes idées, mais aussi, en quelque sorte, de les rendre réelles. Je peux par exemple générer quelque chose et, en l’observant, le spectateur se dit : ce n’est pas réel, mais ça pourrait l’être.

Ce que j’aime le plus dans l’art numérique, c’est de pouvoir donner ce réalisme à mes idées, inventer une chose qui n’existe pas… et inviter le spectateur à se demander : “En fait, pourquoi pas ?”, et le pousser, lui aussi, à utiliser son imagination pour regarder le monde différemment.

Coral Growth, Gabriel Morala

QUELS SONT TES OUTILS EN TANT QU’ARTISTE NUMÉRIQUE ?

QUELLE EST TA TECHNIQUE ? 

Earthquake, Gabriel Morala

« Celui que j’utilise le plus est un programme appelé “Houdini”, qui est un programme de conception 3D très complexe. Je l’aime parce qu’il me permet de générer toutes les idées que j’ai. C’est un programme assez difficile parce que tout y est ouvert : on peut faire tout ce que l’on veut avec ce programme, mais reste à savoir comment le faire. 

C’est pour cela que j’aime ça : j’aime jouer pour voir ce que je peux générer, pour imaginer, créer et explorer de nouvelles choses. Alors comment je m’y prend pour donner vie à mes idées ?

Je ne dessine rien, car mes œuvres sont généralement très abstraites, et essayer de les prévoir serait vraiment complexe et inutile. Et puis, parfois l’esprit a peur du papier blanc… ce qui arrive le plus souvent, c’est que la vie m’inspire : je vois quelque chose, qui me donne une idée, et ensuite j’essaie de la matérialiser dans le programme. Il m’arrive aussi d’essayer quelque chose directement dans le programme, et les idées me viennent au moment de la création. Si vous aviez accès à mon ordinateur, vous constateriez que j’ai beaucoup d’essais, beaucoup d’oeuvres commencées et finalement inachevées.

QUELLES SONT TES SOURCES D’INSPIRATION ? 

« Lorsque que j’ai commencé, ma principale source d’inspiration était d’autres artistes. Que je pouvais suivre sur les réseaux où j’appréciais le travail sur internet. Ce qu’ils faisaient me donnait des idées pour apprendre, et pour essayer de nouvelles choses. Ces derniers temps, comme je travaille beaucoup sur des simulations, ce qui m’inspire le plus est ce que je vis : les films, les choses que je vois, la nature. De même que créer des choses qui pourraient exister, des choses qui, bien qu’irréelles sont dotées d’un certain réalisme, j’aime susciter une sensation chez le spectateur. Cette recherche de l’émotion, de la sensation, m’ouvre de nombreux horizons d’exploration dans mon art.

Hand Transform, Gabriel Morala

PARLE-NOUS DE TON OEUVRE PRÉFÉRÉE

L’une des œuvres que j’ai réalisées et que j’aime le plus est la branche torsadée, celle qui sert de page d’accueil à mon site web : je l’ai réalisée lorsque j’ai décidé de me mettre à mon compte, de lancer ma propre marque, et c’est pourquoi elle a aussi une grande valeur sentimentale.

Ces derniers temps, comme j’avais beaucoup de projets pour des clients, j’ai beaucoup travaillé sur des projets commerciaux, et pas tellement sur des projets personnels, mais il y en a plusieurs que j’aime beaucoup :


Il y a quelques années, j’ai réalisé un projet sur la mythologie grecque (Gods), qui m’a beaucoup enthousiasmé : il consistait à représenter les dieux de la mythologie, mais d’une manière plus précise que ce qui se fait habituellement, en essayant de la traiter telle qu’elle était. Je m’intéressais à la mise en valeur et je cherchais vraiment à retrouver les représentations que l’on s’en faisait à l’époque. J’ai aimé ça parce que je devais m’informer, essayer des choses… C’était très intéressant.


Maintenant je travaille sur un autre projet que j’aime beaucoup : quelque chose de plus conceptuel, peut-être que vous le verrez bientôt dans mes réseaux.
Pour être parfaitement honnête, j’aime tellement mon travail qu’il arrive souvent que mon œuvre préférée soit en fait la dernière en date : par exemple, j’adore les fleurs animées en 3D que j’ai réalisées dernièrement…